Épisode 2 : Je me suis cherchée en tant que Coach certifiée
ℹ️ INFO : Cette note est liée à la série Oser l'alternance après 15 ans d'entrepreneuriat.
Comment monétiser ce nouveau métier ?
Juin 2020.
Ça y est, j’ai validé ma certification RNCP 7 (Bac+5) de Coach Consultante spécialisée en conception et animation de formation. 🎉
Je me souviens de l’enthousiasme que je ressentais alors face à l’avenir.
Et ce, malgré un contexte mondial totalement inédit : la crise du Covid-19.
Ce climat a tout de même eu un impact majeur sur le démarrage de cette nouvelle activité.
Les mesures de distanciation sociale et l'incertitude sanitaire m’ont poussée à une conclusion radicale :
Mon activité serait plus résiliente si je la pensais 100 % en ligne dès le départ.
J’ai donc renoncé à creuser la piste d’une potentielle opportunité avec France Travail pour animer des ateliers en présentiel.
Et à la place, je me suis focalisée sur un exercice totalement digitalisé de mon métier. 💻
J’avais pour objectif de trouver le business model parfait, capable de concilier ma double casquette "marketing digital / coaching" et mon équilibre de vie.
Et on peut dire que j’ai quasiment tout testé !
🕒 Le piège de la tarification à l’heure :
J'ai vendu des séances individuelles sur des plateformes.
Ce modèle fonctionnait, mais se révélait épuisant pour espérer dégager un salaire complet.
J'ai aussi enchaîné les fameux “Appels Découverte” qui se transformaient souvent malgré moi en coaching gratuit…
Mon empressement à “aider” prenant le pas sur ma casquette commerciale.
🎙 L'illusion de la monétisation par l'infoprenariat :
J'ai animé une newsletter hebdomadaire et généré des milliers de visites mensuelles grâce à du contenu de valeur bien positionné en SEO (podcast, blog, YouTube).
J’ai même tenu un challenge (trop) ambitieux de 32 vidéos et articles en 32 semaines.
J'ai ainsi construit une audience fidèle qui me remerciait chaleureusement...
Mais qui n'achetait pas mes programmes d'auto-coaching low-ticket !
💳 Le mirage du High-Ticket :
J'ai investi dans l'accompagnement d'un consultant reconnu pour créer un programme premium.
Le modèle était séduisant et bien balisé, et la cible la plus “prometteuse” ayant émergé du processus était celle des profils atypiques en reconversion vers l’entrepreneuriat.
Un bel alignement avec mon parcours sur le papier, mais mon éthique m'a vite rattrapée…
La neurodiversité présente un spectre bien trop large pour être prise à la légère.
J'ai tout stoppé !
Avec le recul de 2026, c’était là les premiers signes de mon besoin d’approfondir mon sujet et de développer mon expertise avant de vendre.
🤝 Les fausses bonnes idées de délégation et de partenariats :
J'ai tenté de m'associer ou de co-créer des programmes avec trois autres professionnelles…
Nos valeurs, nos rythmes ou nos visions entrepreneuriales se sont révélés trop différents.
Et la palme revient au recrutement de deux apprentis pour déléguer progressivement l’activité marketing…
Mon apprenti chef de projet s'est révélé être daltonien. Une information qu'il avait jugé “inutile” de me préciser au cours du processus de recrutement. 🧐
En écrivant ces lignes, la situation en est presque risible !
En réalité, malgré de belles expériences et réalisations, j'ai laissé énormément d'énergie, de temps et d'argent dans ces tests et expérimentations.
Je savais être une coach professionnelle compétente et utile à mes clients.
Mais j'étais comme piégée dans un labyrinthe. 🔁
Et une grande partie de ce problème de business model venait d'une question à laquelle je n’arrivais décidément pas à répondre :
Je vends quoi, à qui… Bordel !?
Le positionnement d’une offre de coaching
J’avais pourtant essayé de l’éviter...
Mais comme à mes débuts, les deux questions fondamentales du marketing stratégique restaient sans réponse :
- Je souhaite aider quel public ? (La cible)
- À régler quelle problématique ? (La proposition de valeur)
Piège n° 1 : La non-spécialisation
Je me suis précipitée au lancement de cette activité de coaching.
En réalité, il est beaucoup plus facile de partir d’une page blanche que de chercher à effacer les mauvais traits de stylo ! 🖊️
Or, en faisant le choix de conserver ma SARL avec l’espoir de relancer l’agence marketing en parallèle du coaching, je me suis considérablement compliqué la vie :
- Ressources et énergie éparpillées.
- Identité professionnelle floue (Coach ? Consultante marketing ? “Coach de quoi !?”).
- Dilution totale de mon positionnement et de ma communication.
N’arrivant pas à trancher entre coaching de vie et business coaching, j'ai cru trouver la solution en décidant de...
Ne pas choisir !
C’est ainsi que le 5 mai 2021, je publiais l'épisode 9 de mon podcast intitulé : Mes 3 étapes pour un business aligné.
J'y déclarais avec une joyeuse naïveté :
"(...) j’ai surtout décidé de n’en faire qu’à mon Cœur ❤️“
C’est authentique et mignon tout plein...
Mais sans le savoir, je venais de signer pour une longue errance stratégique que j’allais payer cher !
Piège n°2 : L’obligation de moyens
La posture du coach professionnel, telle qu'apprise lors de ma certification RNCP, est très particulière.
Contrairement à la posture du consultant / prestataire de services qui s’engage sur des livrables et des résultats précis…
Le cadre déontologique du coaching ne répond pas directement à une problématique quantifiable permettant de formuler une proposition de valeur axée sur le retour sur investissement (ROI).
Par exemple :
- Le coach a une obligation de moyens, pas de résultats.
- Il tient une posture haute sur le cadre, mais basse sur le contenu (le client reste le détenteur de ses propres solutions).
- Il n’apporte pas de réponses toutes faites (sinon, c’est du consulting ou de la formation).
Mais la réalité du marché du coaching en ligne est toute autre…
Les clients se révèlent bien plus nombreux à rechercher des réponses et des solutions toutes faites que des questions ouvertes !
Et c’est pourquoi les professionnels souvent les moins scrupuleux…
Qui s’autorisent à tordre les règles pour promettre des résultats explosifs avec des méthodologies imposées, s'accaparent le marché. 💰
À ce petit jeu commercial, entre l’éthique et le marketing…
Force est de constater que c’est le marketing qui gagne !
Piège n°3 : Le besoin de contribution
Le travail consistant à faire émerger la cible et le problème à résoudre se retrouve dans tous les programmes d’accompagnement pour coachs débutants :
- L’ikigai
- La mission de vie
- L’essence profonde
- Les problématiques personnelles dépassées
- Etc.
En réalité, ce travail d'introspection tourne rapidement en boucle.
Pour ma part, j'en revenais inlassablement :
- soit à l’accompagnement des solo-entrepreneurs : le sujet de mon mémoire.
- soit au développement personnel généraliste : “ce dont le monde a besoin” (ikigai).
A ce jeu là…
Le serpent se mordait littéralement la queue ! 🐍
Le mur financier (le déclic de la simplification !)
Pendant ce temps, ma concentration sur cette quête sans fin de positionnement m'avait plongée lentement mais sûrement dans la précarité...
Sans véritable porte de sortie, un cercle vicieux s'est installé :
🪙 Sur le plan financier : Un chiffre d’affaires en forte baisse et une énorme préoccupation quant à l'avenir de mon activité.
⚒️ Sur le plan opérationnel : Moins de clients signifiait moins d'opportunités de pratiquer, d'affiner mon offre, et donc une perte de confiance au moment de "me vendre". J’avais de plus en plus l’impression d’agir par contrainte plutôt que par plaisir !
💔 Sur le plan personnel : Une charge mentale saturée, laissant très peu de ressources pour une vie sociale épanouie, et créant une friction constante avec les exigences familiales (qui ne s'arrêtent jamais quand on a toujours tenu le rôle de celle qui “supporte").
Cette errance stratégique, couplée à l'isolement du solopreneur, s'est sournoisement transformée en une descente aux enfers étouffant à la fois mes finances et ma capacité de rebond.
Le sursaut est alors venu d’un échange.
Car au milieu de tout ce chaos, je devais gérer un groupe de 3 sociétés… 🏢
Alors que je cherchais un partenaire de confiance pour m’alléger la charge administrative, un expert-comptable a pris le temps d’analyser le montage avec moi.
La logique passée, les flux actuels, et les ambitions futures.
Le diagnostic était sans appel…
Une opération SIMPLIFICATION s’imposait si je voulais reprendre le contrôle du navire et repartir sur des bases saines.
Ce regard neuf, expert et bienveillant était exactement ce dont j’avais besoin pour retrouver de l’élan !
J’ai alors repris ma casquette de cheffe de projet.
J'ai sélectionné une avocate d'affaires capable de comprendre la réalité de mon groupe, pour m’accompagner dans une restructuration juridique massive.
Le plan d'action était le suivant :
- Fusionner et nettoyer : Regrouper l’activité via une TUP (Transmission Universelle de Patrimoine) pour ne garder qu'une seule société d’exploitation dédiée au consulting et à la formation.
- Déléguer stratégiquement : M’appuyer enfin sur un vrai cabinet d’expertise comptable aligné avec ma vision.
- Focaliser : Libérer ce temps et cette charge administrative pour me concentrer exclusivement sur le développement de mon offre unifiée.
Après un dernier gros investissement financier, et neuf mois de formalités juridiques et comptables complexes (dissolution, modification d'objet social, changement de dénomination et de siège, reprise comptable)…
La traversée du désert touchait enfin à sa fin !
Mon entreprise était toute neuve.
La machine était allégée, restructurée, et prête pour un nouveau départ.
Mais cette fois-ci…
L’histoire s’écrit à partir d’une page blanche... 📃