Épisode 1 : Je me suis cherchée en tant qu'entrepreneure
Je n'ai pas choisi le marketing (c'est lui qui m'a choisie)
À la base, quand j’ai créé mon activité avec le statut d’auto-entrepreneur en 2009, le marketing digital n'était pas au programme.
Ma voie naturelle, c'était la formation e-learning et le multimédia.
En 2011 je m'associe avec un client, un entrepreneur expérimenté, pour lancer une SARL.
Mon ambition était alors de développer deux plateformes numériques :
- une place de marché e-commerce pour les Antilles,
- et un service de soutien scolaire en ligne.
Mais issue d’une formation universitaire en Mathématiques, il me manquait les fondamentaux de la gestion d’entreprise.
Et surtout, je n'avais pas du tout le "Mindset Business".
J'avais un état d'esprit d'artiste-artisane, passionnée par la création, mais naïve sur les chiffres.
J'ai donc accumulé les erreurs :
- 2 projets ambitieux menés de front
- Une mauvaise association
- Un financement initial insuffisant pour le besoin en fonds de roulement (cashburn)
- Pas d’accompagnement entrepreneurial adapté (écosystème start-ups)
- Et une stratégie de développement trop fragile
Le couperet est vite tombé : dès les 12 premiers mois, la totalité du financement initial avait disparu.
Bilan de l'année : 1 500 € de chiffre d'affaires ! 😱
En janvier 2013, j’étais au pied du mur.
Soit je fermais l'entreprise, soit je faisais entrer de l'argent.
Immédiatement !
C'est là que la question fondamentale s'est imposée à moi :
Je vends quoi, à qui ?
La compétence la plus facile à monétiser sur mon marché local était alors la création de sites internet.
Du site vitrine HTML, je suis passée au graphisme en m’appuyant sur des prestataires sous-traitants.
Puis à l'emailing, au community management, aux campagnes sponsorisées Facebook/Google et au consulting.
Par pur opportunisme de survie, et à force d'auto-formation, mon activité d'agence marketing digitale était née.
🌺 J'y ai vécu de belles années et de belles réussites.
Mais la vérité ?
Cette activité ne me passionnait pas.
Elle n'était que le moteur financier de ma vraie vocation : l'édition de plateformes.
C’est pourquoi dans l'ombre de l'agence, j'ai continué à construire.
J'ai lancé Commerce-Antilles.com, la place de marché e-commerce, qui a trouvé ses premiers clients (commerçants et acheteurs) et prouvé son concept.
J’ai aussi lancé Opay.fr, une solution de paiement en ligne développée sur l'API Mangopay, en même temps que l'explosion de solutions telles que Stripe ou Leetchi.
Ces projets innovants m'ont valu d'être contactée par Le Village by CA et interviewée dans la presse locale.
Avec ces plateformes prêtes à accélérer, j'étais en bonne voie pour atteindre mon objectif.
Mais mener de front l’agence et le développement technique et commercial…
Sans véritable soutien et sans levée de fonds… m'a vidée.
À bout de forces, à bout de trésorerie, j'ai perdu le sens ! 🛑
J'ai fini par mettre l'agence en veille pour accepter des postes de salariée.
En formation e-learning, puis en tant qu’assistante de direction et chargée de communication.
Le temps de l'introspection professionnelle était venu.
Comment l'évidence du coaching s'est révélée à moi
Ce retour au salariat, après des années de montagnes russes financières et de stress entrepreneurial, a été extrêmement apaisant.
En dehors de l’Éducation Nationale à mes débuts, je n’avais jamais été salariée.
Et je dois avouer qu'on s’habitue très vite au confort d'un salaire fixe qui tombe à la fin du mois ! 🤗
J’ai choisi de vivre cette expérience avec une immense gratitude pour la sécurité qu’elle m’offrait.
Cela me permettait de réinvestir en moi, en immobilier et en placements financiers.
Mais m'y résoudre définitivement ?
Cela m’était impossible !
L’ennui, le manque de challenge, d'impact et de création m'étouffait à petit feu.
J'ai l'entrepreneuriat dans le sang.
J'avais besoin de retrouver un métier profondément porteur de sens pour moi.
En 2018, je me suis donc tournée vers l'APEC pour faire un point sur mon évolution professionnelle.
Ma conseillère m’a fait passer le test "MOTIVA".
Lors de notre 1er rendez-vous en présentiel pour la restitution, elle m’a avoué être très étonnée :
"En voyant vos résultats, je m'attendais à recevoir quelqu'un au bord de la dépression !"
Et effectivement, ces résultats étaient choquants…
Mon score de satisfaction globale sur mon poste actuel était de... 5 %. 😅
Ma seule et unique satisfaction cochée ?
L'absence de pression permanente.
Pourtant, j'allais très bien.
Mais cet électrochoc chiffré était simplement l'indicateur clair qu'il y avait urgence à me réaligner !
Et pour éclairer mon orientation, le test a mis en lumière mes facteurs motivationnels :
✅ Les moteurs : BUSINESS (relation financière), CONNAISSANCE (transmission), SERVICE (aide aux personnes).
✅ Les ancres : Engagement sociétal et humain, indépendance et autonomie, défis intellectuels.
✅ Les styles dominants : Altruiste, Innovateur, Esprit libre.
Avec le recul de 2026, c'est fascinant : tout mon projet actuel autour de la prévention santé et de l'alternance en télétravail coche littéralement 100% de ces cases.
Mais à l'époque, parmi la trentaine de métiers suggérés par l'algorithme (de Collectrice de fonds à Infirmière libérale), l'un d'eux m'a frappée :
Coach d'affaires.
Moi qui étais passionnée par le développement personnel, qui passais mon temps à écouter et conseiller les autres…
Et qui avais déjà créé des petits programmes d'auto-coaching basés sur mes propres apprentissages...
Je découvrais soudain que le coaching était un "vrai" métier.
Un métier structuré, avec des formations reconnues.
C'était une évidence. J’avais trouvé ma voie !
Mais cette fois-ci, hors de question de reproduire l'erreur de mon époque "Agence Marketing" en misant uniquement sur l'auto-formation.
Je voulais faire les choses dans les règles de l'art.
J'ai donc sélectionné l'école Linkup Coaching à Paris.
🎓 Je m'y suis engagée corps, âme et finances pour décrocher une certification de niveau Bac+5 (RNCP 7).
Un nouveau souffle professionnel venait de commencer !
Le piège du perfectionnisme (la naissance de l'usine à gaz)
Le cap était fixé vers le coaching.
Il ne restait plus qu’à passer de la vision à la concrétisation. 🔭
Mais au lieu de me concentrer sur l'essentiel à ce stade (l’offre et la stratégie d'acquisition client), mon perfectionnisme a pris le dessus.
J'ai focalisé toute mon attention sur le cadre juridique et comptable, cherchant à protéger le système avant même de le tester sur le marché !
Car en 2019, ma situation administrative était pour le moins... complexe. Je me retrouvais avec :
- Une SARL BtoB (orientée édition de logiciels) quasiment en sommeil.
- Un associé qui n’apportait plus rien, mais qui n’était pas prêt à renoncer à ses parts.
- Un compte courant d'associé qui me devait pas mal d'argent.
- Une activité de coaching BtoC naissante, que je ne trouvais pas cohérent de facturer sur la SARL existante.
- Une forte ambition d’enchaîner sur des investissements immobiliers ou de la reprise d'entreprises.
En parallèle, j'étais en pleine rédaction de mon mémoire pour la certification de Coach Professionnelle.
Et en bonne impatiente que j'étais (je me soigne !), je n'avais pas attendu la fin de ma formation pour lancer un podcast et communiquer sur l'épanouissement personnel. 💃
Face à ce nœud de questionnements juridiques, et cherchant encore à éviter de reproduire les erreurs de mes débuts, j’ai sollicité un client pour qu'il me recommande un bon avocat d'affaires.
Et j'ai laissé un gros billet sur la table pour être conseillée.
Le résultat ?
Un montage digne d'une multinationale…
Qui dans mon cas, constituait plutôt une magnifique "usine à gaz" :
🏢 Une Holding, chargée de racheter les parts de mon cher associé et prête à dégainer pour mes futurs investissements.
🏢 La SARL historique, conservée et prête à vivre sa meilleure vie pour l'agence de marketing digital.
🏢 Une Filiale, créée sur mesure pour accueillir l’activité de coaching qui m’enthousiasmait tant.
🏢 Un cabinet d'expertise comptable, mandaté pour veiller sur tout ce beau système.
En 2020, alors que le monde était en plein confinement, j’étais persuadée d’être enfin sur les bons rails.
J'avais la vision, j’avais la structure, j'étais prête à m’épanouir pleinement en tant qu’entrepreneure !
Mais la réalité du terrain et la lourdeur d'un tel montage allaient vite me rattraper...